Première manifestation en Andorre pour réclamer la dépénalisation de l’avortement

Avorter y constitue un délit passible de six mois de prison pour la femme enceinte, et de trois ans de prison et cinq ans d’interdiction d’exercice pour le médecin qui pratique l’intervention.

« Nous ne sommes pas des incubateurs », « laissez vos chapelets en dehors de nos ovaires » : une quarantaine de personnes ont défilé, samedi 29 septembre, à Andorre-la-Vieille pour réclamer la dépénalisation de l’avortement dans la principauté d’Andorre.

Andorre, où vivent 85 500 habitants, est l’un des derniers Etats d’Europe – avec Malte, Saint-Marin et le Vatican – à interdire totalement l’avortement, même en cas de viol, d’inceste, de maladie du fœtus ou de danger pour la mère. Mettre un terme à une grossesse y constitue un délit passible de six mois de prison pour la femme enceinte, et de trois ans de prison et de cinq ans d’interdiction d’exercice pour le médecin qui pratique l’intervention.

Macron attendu au tournant

Le ton du cortège était résolument politique, certaines affiches réclamant « les droits de l’homme sont aussi les droits de la femme » ou encore « Pas de tutelle ni de l’Etat ni de l’Eglise », en référence à la position anti-avortement d’un des deux coprinces d’Andorre, l’évêque d’Urgell Mgr Joan-Enric Vives.

« Nous sommes dirigés par un évêque aux idées très machistes et patriarcales », a dénoncé une des participantes, Mireia Agullój. Celle-ci espère que le deuxième coprince – le président français Emmanuel Macron –, les aidera à « sortir de cette mentalité préhistorique »

Une rencontre entre Antoni Marti, chef du gouvernement andorran, et Emmanuel Macron est prévue jeudi 11 octobre dans le cadre du Sommet de la francophonie à Erevan (Arménie) : les féministes andorranes attendent du président français qu’il se « positionne sur les droits de la femme à Andorre » à cette occasion.