La Géorgie et l’Alabama durcissent leur politique en matière d’accès à l’avortement

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Après le Mississippi et le Texas, l’Alabama menace à son tour le droit à l’avortement. En effet, cet État du sud-est des États-Unis où la religion est très prégnante est sur le point d’adopter une loi visant à interdire aux médecins de pratiquer des IVG, sous peine d’être emprisonnés. Le Sénat, contrôlé par les républicains, pourrait voter cette loi ce jeudi 9 avril.

De 10 à 99 ans d’emprisonnement

Le projet de loi, déjà adopté le 7 mai par la Chambre des représentants de l’Alabama, prévoit des peines de prison allant de 10 à 99 ans pour les médecins pratiquant des avortements, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’«anomalie létale» du fœtus. En revanche, aucune exception n’est prévue en cas de viol ou d’inceste.

Si le texte est voté par le Sénat de l’Alabama, il devra ensuite être promulgué par la gouverneure républicaine de l’État, Kay Ivy. En revanche, s’il est invalidé par les tribunaux – comme ce fut le cas en Louisiane et au Texas – l’Alabama devrait faire appel dans l’espoir d’aller jusqu’à la Cour suprême. Le but ? Convaincre l’institution de revenir sur sa décision de 1973, «Roe v. Wade», qui permet aux femmes d’avorter tant que le fœtus n’est pas viable.

La Géorgie boycottée par Hollywood

Deux jours plus tôt, des mesures quasi identiques ont été votées en Géorgie. Brian Kemp, gouverneur républicain de cet État conservateur du Sud, a signé ce mardi 7 mai une loi interdisant aux femmes d’avorter dès que les battements de cœur du fœtus peuvent être détectés. Pour ses détracteurs, le texte revient à interdire de facto toute IVG, puisque le cœur peut être entendu dès la sixième semaine de grossesse, lorsque nombre de femmes n’ont pas encore conscience d’être enceintes.

Avant d’être signée, la loi avait suscité l’indignation de nombreuses stars de Hollywood, à l’instar de Ben Stiller, Alec Baldwin ou Alyssa Milano qui avaient fait savoir dans un courrier qu’ils ne pourraient plus travailler «en bonne conscience» en Géorgie – destination prisée des tournages – si la loi était promulguée.

Dans la lignée de la politique de Donald Trump

Depuis le début de l’année, plus de 300 nouvelles règles visant à restreindre l’accès à l’avortement ont été introduites par 28 États américains, selon les chiffres de l‘Institut Guttmacher, qui défend l’accès à l’IVG.

Un recul des droits des femmes qui semble aller de pair avec les idées conservatrices de Donald Trump. En février, le 45e président des États-Unis avait critiqué avec virulence une loi sur les avortements tardifs adoptée par l’État de New York, assurant qu’elle permettrait «d’arracher un bébé aux entrailles de sa mère juste avant sa naissance». Avant d’ajouter : «Pour défendre la dignité de chaque personne, je demande au Congrès de voter une loi interdisant les avortements au dernier trimestre».

Lefigaro.fr – Mooréa Lahalle avec l’AFP